L’Odoriférant S2E3

Hugo Boulanger, responsable des communications, de la mobilisation et de la gestion interne

 

Le jupon dépasse, j’étais un fan fini de la chronique devenue le temps d’un instant une baladodiffusion Le Spornographe, offerte par les brillants Jean-Philippe Wauthier, Olivier Niquet et Jean-Philippe Pleau (oui, deux Jean-Philippe…), qui parodiait toute la folie médiatique entourant la couverture des Canadiens de Montréal. Semble-t-il que cette émission a toutefois cessé d’exister… à moins qu’une personne technophile parmi vous me fasse la grâce de m’indiquer où le désopilant trio continue de sévir.

Bref, cette petite chronique s’inspire largement de ces messieurs en abordant de façon un peu niaise l’actualité relative à notre sport national. Èrre-je?  Fort probablement. Niaise-je? Assurément.

Alléluia! J’ai finalement été exaucé et nos amis Jean-Philippe Wauthier et Olivier Niquet qui reprennent le micro pour nous parler des vraies affaires dans le nouveau balado La journée du Hockey disponible sur Ohdio. Ma chronique demeure toutefois un hommage au défunt Le Spornographe, mais cette nouveauté me donnera la chance de renouveler quelques gags. Un gros merci à toutes les personnes (aucune en fait, je l’ai trouvé moi-même figurez-vous) qui m’ont aiguillé sur cette délicieuse émission.

 

Des nouvelles de la Victoire

Au moment d’écrire ces lignes, soit à la mi-février 2026, la Victoire de Montréal occupait le 3e rang du circuit avec 15 matchs joués pour une récolte totale de 37 points (10-3-0-5). Soulignons ici une petite distinction avec le pendant professionnel masculin puisque les joutes remportées en temps réglementaire valent 1 point de plus que les parties arrachées en prolongation ou en tirs de barrage. La Victoire a donc cumulé 21 points en gagnant 7 parties en temps régulier et 6 points en défaisant l’adversaire en prolongation ou en tirs de barrage en 3 occasions (format : 3-2-1-0). La LPHF innove encore en éliminant le fameux « qui perd gagne » de la LNH où les victoires en prolongation/tirs de barrage valent tout autant que les victoires à la régulière et selon lequel on alloue 1 point à l’équipe perdante ayant su maintenir l’égalité en temps réglementaire (format: 2-2-1-0) . Il est toutefois à noter que le nombre de victoires en temps régulier serviront à départager deux équipes qui auront cumulé un nombre de points similaires au classement en fin de saison. Avec le système de pointage de la LPHF, les clubs ne se contentent plus de jouer de façon conservatrice en cas d’égalité, mais se battent ardemment pour aller chercher un maximum de points en l’emportant avant la période de surtemps.

 

La machine, toujours en marche!

Sans surprise, Marie-Philip Poulin demeure la dynamo offensive du club et mène à nouveau son équipe avec une récolte de 13 points (6 buts et 7 mentions d’aide) en 14 matchs. Il s’agit toutefois d’un recul par rapport à l’année dernière puisque Mme Poulin n’est qu’au 7e rang des marqueuses cette année, derrière, notamment, le quatuor infernal du Frost du Minnesota. 

 

Un mur dressé devant le filet

Devant le filet, Ann-Renée Desbiens domine encore la ligue avec de rutilantes statistiques : 9 victoires, 4 défaites avec une moyenne de buts alloués de 1.15 et un faramineux pourcentage d’arrêt de 95.4%. Pour illustrer le niveau stratosphérique de la dernière statistique, sachez que le meilleur gardien régulier de la LNH se contente d’un pourcentage d’arrêt de 91.9%…

 

Perspectives d’après-saison

À ce jour, il m’est donc possible d’affirmer que la Victoire est très bien positionnée dans la course aux séries éliminatoires grâce à un différentiel de +12 et par leur grande efficacité défensive. Quant aux chances de remporter le championnat, il faut à la fois considérer la profondeur à l’attaque (une amélioration par rapport à la saison dernière) et la présence d’une gardienne de but si dominante. Si Mme Desbiens maintient son niveau de jeu dans les séries, la Victoire pourrait assurément être parmi les équipes favorites pour gagner le championnat et repartir avec la Coupe Walter.

 

Olympiques : merci les filles !

En effet, selon mes savants calculs, c’est près de 52,4% des médailles qui ont été attribuées aux athlètes féminines canadiennes, soit 40% des médailles d’or, 43% des médailles d’argent et 67% des médailles de bronze. Ce n’est pas rien, d’autant plus qu’il est souvent beaucoup plus difficile pour les athlètes féminines d’aller chercher des commanditaires afin d’assurer le financement adéquat de leurs activités sportives sans devoir travailler à temps plein pour ce faire. Sans parler de commanditaires peu scrupuleux qui abondent dans le domaine de la femme-objet, comme dans le cas de la patineuse néerlandaise Jutta Leerdam, à qui il a fallu ouvrir sa combinaison pour exhiber son soutien-gorge après son éclatante performance pour toucher la promise récompense…

 

De l’argent aux couleurs de défaite

Je m’en voudrais de compléter ce segment olympique sans parler des tournois de hockey sur glace, qui se sont complétés de la même façon, face aux mêmes adversaires. Les hommes et les femmes se sont incliné.es en prolongation, échappant ainsi l’or olympique face aux équipes américaines. Côté féminin, on peut se consoler en se disant que nos Canadiennes ont évité une humiliation comme ce fut le cas dans les rencontres antérieures contre les Américaines, où elles se sont fait tout bonnement corriger. Dans cette finale féminine (et dans le tournoi en général) on a pu constater que, essentiellement, tout repose sur l’apport offensif de Mme Poulin. Malgré sa vaillance et sa ténacité, Marie-Philip a maintenant 34 ans et un corps passablement amoché. On ne sait même pas si elle sera des prochains jeux dans 4 ans et pour Hockey Canada, il serait temps de paniquer parce qu’on ne voit pas qui saura prendre la relève d’ici là.

C’est un peu différent du côté masculin puisque plusieurs jeunes joueurs seront prêts à reprendre les hostilités, Celebrini en tête, pour les prochaines olympiades. N’empêche, on a pu constater une très lacunaire garde de but et une défensive somme toute moyenne malgré la présence d’un joueur dominant à cette position en la personne de Cale Makar. La défaite en finale a aussi montré la primauté des jeux individuels de la part de nos supervedettes (McDavid, MacKinnon principalement) au détriment d’une construction collective, ce qui explique, en partie du moins, cette amère défaite. On a beau être le meilleur joueur au monde, on ne réussira jamais 100% des jeux et on ne sera jamais aussi rapide qu’une bonne vieille passe sur la palette. Dommage de ne pas avoir vu Nick Suzuki (le plus québécois des joueurs canadiens) en surtemps, lui qui est devenu un expert en la matière avec les Canadiens. Comment changer la donne pour la prochaine compétition internationale? Difficile d’établir une solution miracle, mais je pense que les prospects d’équipe-Canada devraient être réunis au moins une fois par année pour évoluer ensemble, un peu comme le font d’autres nations comme la Tchéquie ou la Finlande. Apprendre à se connaître, tsé.

 

Parlant de Québécois, c’était assez décevant de voir qu’aucun représentant de notre belle province ne fut en mesure de se tailler une place dans l’équipe masculine de hockey. Mon hypothèse pour expliquer le déclin du hockey québécois repose sur l’embourgeoisement de notre système de développement. Considérant le coût exorbitant de l’équipement, des inscriptions, des tournois, des camps de développement (plusieurs milliers de dollars annuellement), il y a fort à parier que le prochain Mario Lemieux ne joue même pas au hockey à l’heure actuelle. Il s’est probablement rabattu, avec raison, sur un sport comme le soccer ou le basketball, dont la pratique est beaucoup plus abordable et dont l’éthique sportive (comparativement à la culture archaïque de la violence et de l’homophobie du hockey) est assurément moins douteuse. Chose certaine, pendant que le hockey québécois décline et que le hockey canadien fait du surplace, les autres programmes internationaux, eux, sont en plein essor…

 

Canadiens après une soixantaine de matchs

Sacré Canadiens ! Toujours là à essayer de me faire mal paraître! Je dois en effet admettre que je me suis fourvoyé dans mes prédictions du début de l’année et lors de la mise à jour de décembre dernier. En effet, je pensais initialement que Canadiens se battrait avec un lot d’équipes dans l’espoir de participer aux séries, de la même manière que l’année dernière, et que cette lutte serait très serrée puisque des équipes qui ont sous-performé en 2024-2025 allaient bien finir par se réveiller. Je pensais également que les blessures allaient forcément affecter le rendement collectif… Et bien que nenni! En fait, Canadiens pourrait se contenter de jouer pour le proverbial 0,500 (en gagner une, en perdre une) d’ici la fin de la saison et tout de même réussir à se qualifier…

 

Le monde à l’envers

Non, rien à voir ici avec la série des frères Duffer. Mais il est tout aussi étrange de constater qu’au moment de la pause olympique, les Sénateurs, les Maple Leafs et les Panthers de Floride occupent les trois dernières places du classement de la division Atlantique. Encore plus étrange, la fulgurante ascension des Sabres de Buffalo qui étaient la risée de la LNH depuis quoi, 15 longues années? Dans le cas de la formation floridienne, les déboires s’expliquent probablement par la grave blessure subie par Aleksander Barkov (finlandais le monsieur, pas russe en passant) et qui a causé sa perte pour pratiquement toute la saison. À cela, ajoutons le fait que les Panthers ont participé à 3 finales de la Coupe Stanley consécutives (dont 2 remportées), ce qui peut amener sa part d’usure juste par la période de repos écourtée. Pour ce qui est des Leafs, visiblement, la direction du club n’a pas échangé le bon joueur en la personne de Mitchell « Mitch » Marner qui connaît une saison du tonnerre avec son nouveau meilleur ami Mark Stone à Las Vegas. Le leadership d’Auston Matthews est de plus en plus contesté et il semble que plusieurs joueurs commencent à en avoir assez de la morosité torontoise (voir l’incident William Nylander). Un club brisé, rien de plus à dire. Et honnêtement, je ne saurais voir de solution. Quant à Ottawa, difficile de comprendre ce qui se passe. L’équipe regorge de joueurs de talent : Tkachuk, Chabot, Sanderson, Stützle, Batherson, Cozens, Pinto, Giroux… Des p’tits gars qui feraient l’envie de pratiquement toutes les équipes de la ligne nationale comme le disent si bien nos joueurnalistes préférés. On les disait en avance sur la Sainte Flanelle dans leur reconstruction, que cette année serait LEUR année considérant l’arrivée de Linus Ullmark, un gardien d’élite. Il appert toutefois que ce dernier était au cœur d’une controverse de nature… euh…matrimoniale, que l’équipe a d’ailleurs fort mal gérée en la démentant publiquement au lieu de laisser le tout au niveau des simples ragots grivois. 

 

T’as pas mal ?! J’ai pas mal !

Lorsque les blessures subies par Alex Newhook, Patrick Laine, Kirby Dach et Kayden Guhle sont survenues cet automne, on a pu constater une forme de déclin dans les performances générales du Tricolore. Visiblement, ce n’était que passager puisque Canadiens a connu un flamboyant mois de décembre avec un voyage dans l’Ouest canadien à faire frémir les plus stoïques d’entre nous. En étudiant la chose de plus près, on a pu constater que c’est la tenue des gardiens de but qui était principalement responsable de ces difficultés passagères. Plusieurs solutions ont été tentées pour essayer de rectifier la situation : promotion de Jacob Fowler, reconditionnement de Montembault à Laval pour culminer avec le congédiement de l’entraîneur des gardiens Éric Raymond. Depuis, Montembault semble avoir retrouvé ses repères en fréquentant l’entraîneur des gardiens de Laval, Marco Marciano, qui a été récemment promu avec le grand club.

 

Blais et reBlais

Il est parti faire un tour à Toronto lorsque placé au ballottage en début de saison et il est finalement revenu, comme par magie, par le même mécanisme. N’est-ce pas merveilleux? Il évolue actuellement à Laval où il connaît d’excellents moments et sera probablement rappelé en cas de blessure ou encore pour les séries éliminatoires où son jeu robuste pourrait peut-être apporter une contribution intéressante. À suivre!

 

Que nous manque-t-il ?

Après l’acquisition surprise de mon jumeau cosmique (Phillip Danault) et le retour au jeu de la plupart des blessés après la pause olympique, le portrait final de l’équipe se dessine peu à peu. En regardant froidement l’alignement, on ne peut que constater que l’équipe, bien qu’améliorée, présente le même problème que l’an dernier : peu ou pas de robustesse. C’est donc pourquoi il serait intéressant d’échanger certains de nos joueurs de finesse pour acquérir ce fameux papier sablé dont nous avons tant besoin. Il faut toutefois souligner que l’opération sera complexe puisque le CH ne dispose que de très peu de place sous le plafond salarial et que notre ami Laine est toujours dans les parages. Que fera le tandem Hughes/Gorton (ou HuGo comme on dit dans le milieu - ça ne s’invente pas!)? Probablement rien pour les raisons susmentionnées, d’autant plus que le tricolore n’est toujours pas un prétendant sérieux au magnifique trophée. Mais bon, on a le droit de rêvasser un peu, non? Je commencerais par essayer de dénicher un solide défenseur défensif pour occuper la 4e ou la 6e place dans l’alignement en remplacement de Xhekaj ou Struble qui, visiblement, ne font pas l’affaire à cette position. Admettons qu’on irait pour un 4e (en attendant l’arrivée de Reinbacher), ça placerait tout le monde dans la bonne chaise : Hutson/Dobson, Matheson/monsieur X, Guhle/Carrier. Je n’ai rien contre Guhle, mais c’est un défenseur gaucher actuellement forcé de jouer à droite… Jacob Trouba? Mackenzie Weegar? Filip Hronek? Un gars de même mettons. Si l’option est d’attendre Reinbacher et de tolérer Guhle à droite, il faut donc regarder pour un défenseur numéro 6 gaucher : Emil Lilleberg? Nicolas Hague? Logan Stanley? Si jamais on souhaite plutôt se rabattre sur un joueur d’avant un peu plus fougueux, qui n’a pas peur d’aller là où ça fait mal : Brayden Schenn? Garnet Hathaway? Eetu Luostarinen? Will Cuylle? Ce genre de profil en tout cas… On jase là. De toute façon, quand vous lirez ces lignes, la date limite sera dépassée et vous aurez tout le loisir de me narguer avec mes prédictions farfelues !!!

 

En français! (comme le dirait PeeKay Péladeau) ;)

Mine de rien, Canadiens dispose maintenant de plusieurs joueurs capables de s’exprimer dans un français correct-pas-si-pire : Phillip Danault, Alexandre Carrier, Alexandre Texier, Zachary Bolduc, Samuel Blais, Mike Matheson, Joe Veleno et Samuel Montembeault. Impressionnant quand on considère qu’il y a quelques années seulement, 1 ou 2 joueurs présents dans l’alignement pouvaient comprendre la langue de Molière.

 

Retour sur l’étude des logos

L’avez-vous trouvé? C’est le logo des Panthers de la Floride qui change en fonction du lieu où se dispute la joute. À domicile, on peut lire « Panthers » dans le haut du logo alors qu’à l’étranger, on indique « Florida ». Oui oui, vous vous coucherez avec ces belles connaissances ce soir!